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picto La Péritonite infectieuse féline ou P.I.F.


La péritonite infectieuse féline, couramment désignée par l’abréviation « P.I.F. », est une maladie très fréquente, principalement dans les élevages de chats. Elle est due à virus de la famille des coronavirus et reste préoccupante à bien des titres : son taux de mortalité est extrêmement élevé (voisin de 100 %), il n’existe pas de vaccin, son diagnostic est difficile et organiser une prévention sanitaire pertinente l’est tout autant !


Quels sont les symptômes essentiels de la P.I.F. ?


La durée de l'incubation est très variable, de quelques semaines à quelques mois.

La maladie débute par une fièvre récidivante, suivie d'une anorexie croissante puis du dépérissement de l'animal. Elle peut ensuite se manifester sous deux formes différentes : une forme appelée « sèche » ou une forme dite « exsudative ».

 

  • La forme exsudative (ou humide) peut entraîner une péritonite (accumulation de liquide purulent dans l'abdomen) ou une pleurésie (accumulation de liquide purulent autour des poumons)
  • Dans la forme sèche le pus ne s'accumule pas aux mêmes endroits, mais se présente sous forme de multiples «granulomes» (des petits grains) dans les viscères (le foie, les reins, la rate...), le système nerveux central ou l'œil (et peut entraîner des diarrhées, une jaunisse ou des troubles nerveux).
  • Il peut également exister une combinaison de ces deux formes.


La PIF atteint particulièrement les chats qui vivent en groupe

Quels animaux présentent le plus de risque de contracter la P.I.F. ?

 

Les chats de tous âges peuvent déclarer la maladie, mais elle s'observe surtout sur les animaux jeunes (de 3 mois à 3 ans) et âgés (10 ans à 14 ans).

La P.I.F. sévit surtout dans les effectifs importants de chats. Le risque est multiplié par 2 dans les groupes de 8 à 20 chats, et il est multiplié par 3 dans les groupes de 21 à 39 chats.

Un stress important, momentané (changement de propriétaire, chirurgie, gestation) ou chronique (surpopulation, introduction répétée de nouveaux congénères, autres maladies, parasitisme important), favorise le développement de la maladie.


Comment la maladie se transmet-elle ?

 

On appelle parfois la P.I.F. « maladie des bacs à litière ».

Le coronavirus responsable de la P.I.F. se multiplie dans le tube digestif du chat. Il en existe des dizaines de sortes différentes (on parle de « souches ») dont la plupart ne provoquent aucun symptôme. De nombreux chats sont infestés par des coronavirus qui atteignent l'intestin en donnant éventuellement des diarrhées mais sans entraîner de maladies graves. Ces chats peuvent ensuite paraître guéris, tout en continuant à disséminer du virus autour d'eux.

 

La transmission d'un chat à l'autre se fait par ingestion ou par inhalation à partir de la salive et des selles de chats infestés. Les chats infestés par les coronavirus banals disséminent ces virus dans leur salive et leurs selles pendant plus de 8 mois après avoir été eux-mêmes infestés, et jusqu'à un maximum de 12 à 24 mois.

La transmission se produit donc soit directement de chat à chat, soit indirectement, à partir des litières.

95 % à 100 %  des chats en contact avec un chat infecté par un coronavirus banal sont contaminés en 2 semaines.

 

(La transmission placentaire est en revanche très rare. La plupart des chatons sont protégés par les anticorps maternels jusqu'à l'âge de 5 semaines. Ils se contaminent ensuite à partir des autres adultes.)

 

De plus, les coronavirus sont  très résistants dans l'environnement et survivent 7 semaines à 21 °C (par contre, ils sont facilement détruits par les détergents).

Or, ces coronavirus possèdent une forte capacité de mutation (leurs gènes se modifient spontanément. Ils se transforment progressivement.). Ces mutations successives les rendent de plus en plus dangereux, pouvant aboutir à une forme de virus capable de provoquer la P.I.F. Le chat porteur de ce virus mutant contracte alors la maladie, par contre il ne dissémine plus ce virus.

 

En effet, la transmission d'un coronavirus dangereux à partir d'un chat malade de PIF n'a jamais été observée. Il est donc probable que quand, dans même effectif, tous les chats sont malades de P.I.F., ils se soient tous contaminés avec un même virus banal qui a subit des mutations ensuite.


Quels sont les traitements de la P.I.F. ?


Aucun traitement ne permet actuellement de guérir un chat atteint de P.I.F.

Le vétérinaire peut tenter de traiter les symptômes, sur des chats ne présentant ni la forme humide, ni des troubles neurologiques.


Comment s'effectue le diagnostic ?


Par une prise de sang :

L'infestation par les coronavirus banals ou responsables de P.I.F. entraîne l'apparition d'anticorps dans le sang. Ces anticorps peuvent être dosés au laboratoire par une technique de sérologie mais, en cas de résultat positif, on ne peut savoir s'il est dû à un coronavirus banal ou à la P.I.F. Attention ! En plus, 50 % des chats malades de P.I.F. sont négatifs lors de cette analyse !

L'infestation par la P.I.F. et le déclenchement de la maladie entraîne aussi une modification des concentrations des protéines du sang, que l'on peut caractériser par un autre type d'examen sanguin : l'électrophorèse des protéines. est aussi réalisable sur le liquide purulent qui s'accumule en cas de forme exsudative de la P.I.F.

 

Par un prélèvement de selles ou de pus :

La méthode de diagnostic la plus récente est la PCR (Polymerase Chain Reaction). Elle peut être réalisée sur un prélèvement de selles ou de liquide purulent. Elle permet de quantifier la présence de virus.


Quelles mesures prendres pour les chats congénères ?

 

S'il fallait adopter une devise, ce serait celle-ci : « une litière par chat, avec une désinfection quotidienne des litières ».

Dans un groupe important de chats, pensez que tout chat porteur de coronavirus même s'il paraît en bonne santé, peut potentiellement devenir transmetteur de P.I.F. par mutation du virus.

 

La sérologie sur une prise de sang des chats du groupe ne permet pas de diagnostiquer la P.I.F. et ne permet pas d'établir un pronostic. Ce n'est pas parce qu'un chat fait beaucoup d'anticorps qu'il est ou sera malade, mais ce n'est pas parce qu'il ne fait pas d'anticorps qu'il n'est pas ou ne sera pas malade. Les mauvaises interprétations des sérologies dans les élevages et les euthanasies abusives qui ont parfois suivi, ont tué beaucoup plus de chats que la P.I.F. elle-même !

La sérologie permet cependant de rechercher les porteurs de coronavirus et de les isoler des autres. Les animaux séronégatifs un mois après le dernier contact avec un chat infesté sont considérés comme indemnes.

 

La PCR permet de rechercher les chats excréteurs de coronavirus dans les selles.

 

Les saillies ne sont pas des moments très risqués pour la contamination.

Les chatons doivent être isolés avec leur mère du reste du groupe, puis séparés de la mère vers 5 semaines. On peut laisser une mère séropositive se reproduire, les anticorps maternels protègent ses petits, mais il est tout de même préférable de s'assurer que la mère n'excrète par beaucoup de coronarivus.

L'introduction d'un nouveau chat nécessite  une mise en quarantaine de 30 jours. A l'issue de ce délai, une prise de sang pour vérifier que la sérologie est négative avant d'introduire l'animal dans l'effectif est une bonne mesure (idem pour les animaux au retour d'une expo ou d'une saillie).


Quelle législation s'applique à la PIF ?

 

La P.I.F. (la maladie et non une simple sérologie positive sans symptômes) est inscrite sur la liste des vices rédhibitoires (loi du 22 juin 1989) : en cas d'achat d'un animal, le délai pour porter un diagnostic de suspicion est de 21 jours à compter de la livraison, et celui pour introduire l'action auprès du tribunal d'instance est de 30 jours après la livraison.

Tout vendeur est tenu par la loi de vendre des chatons indemnes de P.I.F. Si un chat acheté présente des signes de P.I.F., l'acheteur peut poursuivre le vendeur en justice afin d'obtenir le remboursement intégral du chaton contre sa restitution. L'action en justice doit se faire le plus rapidement possible auprès du tribunal d'instance du lieu de résidence de l'animal. Le juge nomme alors un expert qui réexaminera le dossier et dressera un procès verbal. L'affaire sera ensuite jugée si aucun accord amiable n'est possible. Si le chat vient à mourir de P.I.F., le vendeur n'est tenu de garantie que si l'acheteur a porté plainte dans les délais légaux, et s'il peur prouver que la mort du chat est bien due à la PIF.