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picto Quelles sont les causes d’échec à l’insémination ?


Chez la vache laitière, la probabilité de mise-bas après chaque insémination varie de 40 à 60%. Si la détection des chaleurs est réalisée avec précision et les inséminations assurées au bon moment, près de 95% des vaches laitières sont fécondées. Comment se répartissent les échecs ? Quelles en sont les causes principales ?


1- La non fécondation : 20% des échecs

 

Elle a deux origines principales :

  • Une mauvaise détection des chaleurs qui aboutit à la mise à l'insémination par l'éleveur de vaches qui ne sont pas en chaleur. Deux à trois périodes de vingt minutes, tôt le matin, en début d'après midi et tard le soir, lorsque les animaux sont au calme permettent de dépister plus de 80% des chaleurs.
  • Un décalage entre l'ovulation et l'insémination. Basée sur une surveillance des chaleurs deux fois par jour, les vaches devront être inséminées environ 12 heures après la première détection des chaleurs. En moyenne, la vache vue en chaleur à chaque période d'observation est en chaleur depuis 6 heures. Ainsi l'insémination est réalisée 18 heures après le début des chaleurs et de 6 à 12 heures avant l'ovulation. Les vaches à chaleurs courtes représentent une véritable difficulté pour la mise à l'insémination.

2- Les mortalités embryonnaires : 74% des échecs


Les métrites :

C'est la cause la plus souvent décrite. En règle générale, lors de métrite, la cyclicité est peu perturbée, mais les lésions inflammatoires s'opposent, soit à la fécondation, en détruisant les spermatozoïdes, soit au développement embryonnaire précoce en raison d'un milieu utérin hostile.

Un phénomène de production locale d'anticorps antispermatiques dans les voies génitales femelles constitue une cause de mortalité embryonnaire. Les risques d'intolérance immunitaire seraient plus élevés lorsque les IA sont réalisées trop tôt, avant la fin de l'involution utérine (avant 45 jours) ou alors que l'utérus est le siège d'une métrite.


Une conduite alimentaire adaptée est un facteur fondamental de réussite

Le déficit énergétique :

Sur l'ovaire, les follicules qui donnent naissance aux ovocytes (oeufs) ont deux phases de croissance : après une phase continue, de 2 à 3 mois, la croissance folliculaire sous la dépendance hormonale aboutit à un follicule dominant en dix jours.

Si les follicules commencent leur croissance pendant une période de fort déficit énergétique (lors des premières semaines après le vêlage), ils seront alors « marqués ». Deux à trois mois après l'accident énergétique, l'ovule issu d'un follicule dominant marqué présente une moindre fertilité et le corps jaune consécutif à l'ovulation est de mauvaise qualité d'où une augmentation des mortalités embryonnaires.

De même, si lors de l'insémination, le bilan énergétique est déficitaire, l'ovulation sera retardée et l'installation du corps jaune sera perturbée.

Les vaches qui maigrissent trop lors du début de lactation présentent des taux protéiques au premier ou second contrôle anormalement faibles (inférieur à 27g/l).


L'acidose :

Elle s'accompagne souvent d'une baisse de la fertilité.

Trois cas peuvent se présenter :

  • La ration est acidogène: le TB (sauf lors de distribution de betteraves) du troupeau chute, la production est en dent de scie ou baisse, le TP tend à augmenter en début d'évolution puis régresse ;
  • Les fortes productrices sont en acidose au moment de l'insémination: elles reçoivent de trop fortes quantités de concentré ;
  • L'acidose concerne quelques vaches qui ont un comportement alimentaire différent (primipares mal adaptées, mauvaise consommation de fibres). L'observation des bouses, l'évolution des productions et de TB individuels apportent de précieuses indications.


L'azote dégradable :

Une ration excédentaire en protéines dégradables augmente le nombre d'inséminations nécessaires pour obtenir une gestation. Toute surcharge azotée, dans un contexte énergétique insuffisant, entraîne une libération importante d'NH3 absorbée par la muqueuse ruminale. La transformation de l'ammoniac en urée dans le foie exige beaucoup d'énergie, accentuant encore le déficit.

Des taux élevés d'urée et d'ammoniac ont un effet cytotoxique sur les spermatozoïdes et l'ovocyte, voire sur l'embryon pouvant entraîner un allongement de l'intervalle entre les chaleurs.

On considère que le seuil de 400 mg représente la limite de cette toxicité. La mise à disposition d'herbe jeune à volonté place souvent les vaches dans cette situation d'excès d'azote dégradable.


Les règles fondamentales pour obtenir des performances de reproduction satisfaisantes sont donc les suivantes :

  • Respecter l'équilibre azote - énergie - fibres
  • Être le plus précis possible dans la détection de chaleurs